Généalogie des Néron en Amérique

 

En France

Le grand-père de l’ancêtre Jean-Joseph Néron s’appelait Pierre Néron (fils de Guion Néron et Jeanne Cassour) et avait pour épouse Jeanne Gachet. Ils étaient de la paroisse de Ste-Pétronille dans la ville de Gironde en Gironde si l’on se fie au certificat de naissance de Michel Néron, le père de notre ancêtre. Deux enfants sont connus de ce mariage, Jean et Michel qui a été baptisé le 5 août 1707 à la paroisse de Ste-Pétronille à Gironde. Quand à Pierre, il s’était remarié vers 1715 avec Jeanne Descomes et ont eu au moins trois enfants de ce deuxième mariage en 1719 sont connus, il s’agit de Jacques, Jean (encore) et Jeanne.

La famille Néron a déménagé dans la ville de bordeaux au début du 18 ième siècle puisque la suite des évènements se passe à Bordeaux.

Michel Néron, le père de notre ancêtre, se fiance le 30 janvier 1734 à la paroisse de Ste-Colombe de Bordeaux en Gironde (autrefois appelée la Guyenne) avec Anne Fauquet qui est née le 14 novembre 1712, elle a été baptisée le 16 du même mois à l’église de St-André de Bordeaux. Anne est la fille de Jean Fauquet, maître tailleur, né le 17 août 1687 et de Marie Espiet, née le 25 octobre 1693 et décédée le 5 avril 1740. Ils se sont mariés à Bordeaux le 26 janvier 1712. Anne avait aussi un frère appelé Guillaume né le 25 août 1719.

Le mariage de Michel et Anne a eu lieu à l’église de Ste-Colombe de Bordeaux le 23 février 1734. Un premier enfant naît de ce mariage le 31 janvier 1735, c’est une fille appelée Marie, elle a été baptisée à l’église de St-André de Bordeaux le premier février 1735 puisque à cette époque, l’on ne faisait pas de baptêmes à Ste-Colombe. Le deuxième enfant est Jean-Joseph, notre ancêtre, né le 19 mars 1736 et baptisé le lendemain à l’église de St-André de Bordeaux. Jean-Joseph est le dernier enfant de ce couple puisque Anne décède le 8 juin 1737 à 24 ans seulement à Ste-Colombe de Bordeaux. Michel se remarie en 1747 avec Marie Pellé et a un autre enfant appelé aussi Jean Néron né le 20 septembre 1749 à Ste-Colombe et baptisé le lendemain à St-André. Michel, le père de Jean-Joseph, meurt entre septembre 1749 où il semble vivant à la naissance de son fils et 1753 puisque l’on retrouve un acte devant notaire de sa veuve à cette date.

Notre ancêtre Jean-Joseph a donc perdu sa mère à un an et est devenu orphelin entre l’âge de 13 et 17 ans.

En Nouvelle-France

Concernant sa venue et son établissement en Nouvelle-France, à part sa sœur Marie et son demi-frère Jean, il n’avait pas beaucoup d’attaches qui le retenait en France.

Il arriva au pays dans les dernières années de la domination française. Les deux textes qui suivent nous montrent que Jean Néron est parti à la fin de février 1758 pour arriver à la Nouvelle-France durant l'été de 1758 sur un navire appelé l'Aigle. Ce navire, arrivé avec 9 autres navires transportait des vivres et des soldats. On apprend aussi que Jean Néron était "Officier de la marine".

La question qu'on peut se poser, c'est de savoir s'il faisait parti de l'équipage comme officier de la marine ou s'il était parmi les passagers venus pour aider dans les derniers moments de la conquête. Si c'est la première idée, ce qui aurait du sens puisque son père était lui-même capitaine de navire, c'est possible qu'il n'ait pas pu repartir puisque on mentionne dans le premier texte que le vaisseau était "perdu dans la rivière". Si c'est la deuxième hypothèse, il aurait simplement décidé de rester après la conquête.


1. Extrait du Rapport de l'Archiviste de la Province de Québec, 1951-1952, p. 92 (Témoignages de liberté au mariage) :

<<Jean Neron natif de Bordeaux agé de 24 ans depuis deux en Canada officier de la marine dans l'Aigle vaisseau de roy perdu dans la riviere produit pour temoins de sa liberté 1) Barthelemi Bagnieres natif de Pau en Bearn chyrurgien travaillant de présent à l'hopital général Lequel m'a affirmé par serment etre assuré que Le dit neron n'est point marié en france et ce pour connoitre sa famille et Le dit neron depuis qu'il est en Canada seulement 2) pierre d'escot marin natif de Bordeaux Lequel m'a affirmé par serment que le dit neron n'est point marié et ce pour Le connoitre depuis environ dix ans et connoittre ses pere et mere et Lecture faite ils ont affirmé Le tout véritable Bagnieres a signé avec nous d'escot a declaré ne le scavoir faire

à l'Hopital Général le 28e Juillet 1760

admis                                      Baigneres          Briand           chne vic. gl.

 


2. J. F. Bosher <<Négociants et navires du commerce avec le Canada de 1660 à 1760>>, p. 133.

Aigle, de Bordeaux, 300-340 tonneaux ; fit la traversée Bordeaux-Québec en 1758 avec le capitaine Jean Douteau et 53 hommes pour David Gradis ; transportait des soldats, du boeuf salé et du lard ; descendit la Garonne vers le 28 février 1758 avec neuf autres navires chargés pour Cadet (munitionnaire du Roi) et arriva sans encombre (nous sommes en temps de guerre) à Québec.

Bibliothèque de l'Arsenal (Paris), manuscrit 5769, folio 300-301 ; Archives départementales de la Gironde, 6 B 102, 20 février 1758, 6 B 413, 15 février 1758.


On va en apprendre plus lorsque l'on pourra connaître la liste de l'équipage et des passagers de ce navire. Et si ce navire est retourné en France.

Par la suite, la première trace que l’on retrouve de lui en Nouvelle-France, c’est son contrat de mariage. Il est à noter que toutes les informations retrouvées sur lui en Nouvelle-France parlent de Jean ou de Jean-Baptiste plutôt que Jean-Joseph.

Le 26 août 1760, Jean Néron se mariait à Élisabeth Bouchard, fille de Jean-Baptiste-Noël Bouchard et de Catherine Tremblay, habitant du rang de la Mare-à–la-Truite dans la Baie St-Paul. C’est un missionnaire qui a écrit le contrat de mariage mais c’est le notaire Michel Lavoie qui l’a signé. On sera surpris de lire dans cet acte que Jean Néron " n’a su écrire ny signer ". Jean Néron savait signer et de plus, il avait une très belle écriture. Il ne faut pas toujours se fier aux assertions gratuites que l’on retrouve dans les vieux registres. Bon nombre de nos ancêtres, qui ne respectait pas toujours les règles de la grammaire, savait pourtant signer leur nom. Ils étaient parfois absents au moment de la transcription de l’acte et le missionnaire se tirait d’affaire en écrivant que les témoins ne savaient pas signer.

De 1760 à 1768, Jean Néron était marchand, c’est le titre qui lui était donné dans les quelques actes notariés que l’on retrouve dans les premières années de sa venue en Nouvelle-France. Dans ces actes, il fait plusieurs achats de terres. Par exemple, en mai 1761, il achète la moitié d’une terre à François-Xavier Lavoie à Baie-St-Paul. En juin de la même année, à Baie St-Paul, il achète une autre terre à Dorothée Lavoie puis fait un échange de terres avec Thomas Côté. En août 1763, il achète une autre terre à Baie St-Paul à Joseph-Marie Perron. Puis une autre près de la côte de Beaupré qu’il achète en 1764 au Séminaire de Québec.

En 1768, Jean Néron devient notaire et il exerce ce métier jusqu’à sa mort où il aura rédigé plus de 1997 actes notariés de toutes sorte. Il décéda à Baie-St-Paul le 9 juillet 1798 à l’age de 62 ans. C’est le curé Lelièvre qui présida à ses obsèques.

Du côté famille, l’ancêtre Jean Néron a eu 11 enfants, tous nés à Baie-St-Paul. D’abord Marie-Reine baptisée 5 juin 1761 , puis Marie-Anne baptisée le 10 janvier 1763, en troisième, il y a eu Marie-Élisabeth baptisée le 9 janvier 1765. Le quatrième enfant était le premier garçon du nom de Jean-Baptiste baptisé le 18 août 1766, ensuite vint Marie-Louise baptisée le 26 août 1768. Puis arrive le second fils du nom de Augustin né 5 décembre 1770. Le septième enfant s’appelait Joseph-Marie baptisé le 4 mars 1773 et décédé à 18 ans. Ensuite arrivent deux autres filles, Marie baptisée 8 décembre 1774 et Marie-Catherine baptisée 6 octobre 1776. Les dixième et onzième enfants étaient des jumeaux du nom de Guillaume et Étienne baptisés le 14 mars 1779. Tous les mariages des enfants ont été célébrés dans les environs de Baie St-Paul, sauf pour les jumeaux qui se sont mariés à Châteauguay près de Montréal. La descendance de Jean Néron provient surtout de Jean-Baptiste et de Augustin.

Histoire de Jean-Joseph Néron